Symbiotic : Un seul standard de restaking gagnera | Itw d'Edgar Roth
Dans cet article, nous revenons sur l’épisode 6 d’On Chain On Air. Edgar Roth, Protocol Specialist chez Symbiotic nous partage son parcours dans la blockchain de Paris Blockchain Week à Ledger en passant par Kiln, avant de rejoindre Symbiotic il y a quelques mois. Nous y apprenons pourquoi Edgar a rejoint Symbiotic, comment le projet fonctionne, et comment Symbiotic se positionne face aux protocoles concurrents. Voici sans plus attendre les réponses à ces questions.
Sommaire :
1. Qu’est-ce que Symbiotic ?
2. Comment fonctionne Symbiotic ?
3. Quel est le rôle de Meria au sein de Symbiotic ?
4. Quelle est la suite pour Symbiotic ?
Qu’est-ce que Symbiotic ?
“Il faut voir Symbiotic comme le module de staking pour la crypto. Tout simplement”
Symbiotic est un protocole de sécurité partagée. Une forme de marketplace de sécurité économique. Concrètement, grâce à Symbiotic, des protocoles peuvent bénéficier d’une sécurité à laquelle participent des utilisateurs ayant des cryptomonnaies à staker. Ce système permet à la fois aux stakers de maximiser leurs profits, et à de nombreux réseaux de bénéficier d’une sécurité fiable et robuste.
Quel est le positionnement de Symbiotic face aux protocoles concurrents ?
“Eigen Layer, SSV, Symbiotic sont des standards de staking pour des protocoles [...] À un moment donné, un standard va gagner et accaparer la grande majorité du marché”
Après cette phrase impactante, Edgar nous explique que Symbiotic essaye d’être le plus flexible possible pour correspondre au plus de cas d’utilisation nécessaires. À titre d’exemple, selon Edgar, les protocoles d’assurance onchain - dont nous parlerons plus tard dans cet article - ne sont pas sécurisables via Eigen Layer, car incompatibles avec leur modèle de restaking.
Comment fonctionne Symbiotic ?
Voici les éléments principaux qui composent l’infrastructure de Symbiotic :
Le Vault, un smart contract personnalisable au sein duquel les stakers déposent leurs actifs.
Les stakers, les investisseurs (particuliers, institutions, LRTs) cherchant à maximiser leurs revenus en fournissant leurs actifs à la plateforme via le dépôt dans un vault.
Les networks, les réseaux à la recherche de sécurité qui utilisent les services de Symbiotic. Il peut s’agit de Layer 1, Layer 2 ou tout autre protocole nécessitant plus de sécurité via le staking.
Les curators, que l’on peut qualifier de “manager/propriétaires de vault”. Ces curators définissent les paramètres, les stratégies des vaults et gèrent la liquidité qui s’y trouve.
Les resolvers, qui déterminent le moment où une action spécifique doit avoir lieu. Par exemple, ce sont les resolvers qui activent le slashing lorsqu’un validateur n’exécute pas ses missions selon les conditions requises. Les resolvers assurent le respect des règles.
Les operators font tourner des noeuds et des validateurs afin de sécuriser les networks qui utilisent les vaults de Symbiotic. Selon les configurations, les opérateurs peuvent être seuls ou plusieurs sur un même vault, sécurisant alors un ou plusieurs réseaux.
Voici le parcours d’un utilisateur voulant déléguer ses fonds dans un vault Symbiotic :
Après avoir staké ses actifs sur un protocole de liquid staking ou de liquid restaking, l’utilisateur appellé “staker” reçoit des Liquid Staking Tokens (LST) ou des Liquid Restaking Tokens (LRT) à déposer dans des vaults sur Symbiotic, ce qui lui permet de dégager un rendement supplémentaire.
Chaque vault est différent, avec ses propres paramètres et ne sécurise pas les mêmes réseaux. En cas de mauvaise exécution, le resolver du vault sera chargé de slasher les opérateurs et une partie des fonds sera alors perdue. En cela, ce placement présente des risques.
Les actifs délégués et verrouillés peuvent servir à sécuriser plusieurs réseaux simultanément sur différentes blockchains de l’écosystème de la machine virtuelle Ethereum (EVM), et ce, sans quitter la blockchain Ethereum. Cela est rendu possible grâce à Symbiotic Relay.
Symbiotic Relay
“C’est une fondation qui, à terme, permettra de réaliser du staking multichain. Cela permettra aux différents contrats de Symbiotic sur différentes machines virtuelles (VM) de communiquer entre eux. Le staking disponible sur Symbiotic pourra alors se faire sur plein de VM différentes”
Le Symbiotic Relay relie toutes les entités citées précédemment entre elles, et assure la compatibilité multichaines.
Lorsqu’un protocole envoie une tâche à exécuter, les opérateurs répondent à sa demande, le Relay collecte une preuve d’exécution et l’envoie au resolver pour validation ou slashing.
Le Relay est utilisé en tant qu’intermédiaire à chaque interaction entre les différents acteurs de Symbiotic. Relay est une couche de preuve universelle, permettant à des blockchains différentes de faire confiance à un capital verrouillé ailleurs sans nécessiter un bridge.
Qu’est-ce que l’Universal Staking ?
Le concept d’universal staking a été inventé par Symbiotic. Il généralise le modèle de sécurité partagée en une couche de coordination modulaire applicable à tous les cas d’usage. Cela fait de Symbiotic une infrastructure programmable permettant à n’importe quel protocole de se sécuriser sur un espace commun, et ce, en définissant ses propres règles.
La principale différence avec une simple sécurité partagée réside dans la variété des cas d’usage. La sécurité partagée n’opère qu’au niveau du consensus, permettant de sécuriser plusieurs protocoles via les mêmes validateurs et le même capital sécurisé. Dans le cadre de l’universal staking, n’importe quel cas d’usage nécessitant une sécurité économique ou un engagement vérifiable peut s’appuyer sur un capital restaké, configuré selon ses propres règles.
Prenons l’exemple réel proposé par Edgar : “Dans le cas de produits d’assurances au-dessus de Symbiotic : au lieu de slasher, tu redistribues. Et ce qui pourrait déclencher le slashing, ce n'est pas une double signature, mais ta maison qui brûle, par exemple”
Oui, il est possible de créer des systèmes d’assurance décentralisés pour assurer vos biens dans la vie réelle. Voici comment cela fonctionne :
Dans le cas d’une assurance santé, le curateur s’occupe de définir les règles et conditions de remboursement. Les opérateurs, accompagnés des resolvers, fournissent les services de gestion des sinistres.
L’assuré fait parvenir via un oracle des données off-chain concernant le sinistre qu’il a subi, afin d’obtenir une indemnisation. La garantie mise en place par les curateurs stipule que les sinistres sont entièrement remboursés jusqu’à 2 ETH de frais.
Les opérateurs sont chargés d’analyser les dossiers médicaux en un temps donné et de rembourser les frais d’indemnisation une fois la validation des résolveurs effectuée. Si tout est conforme, une partie des fonds du vault est utilisée pour rembourser le sinistré, le tout de manière entièrement décentralisée, on-chain.
Quel est le rôle de Meria au sein de Symbiotic ?
Au sein du protocole Symbiotic, Meria agit en tant que validateur pour les networks sécurisés via ce protocole. Ce schéma explique le fonctionnement du processus de sécurisation, où Meria assure le rôle des operators.
Quelle est la suite pour Symbiotic ?
Edgar nous confie qu’actuellement, les équipes se concentrent sur l’expansion de Symbiotic à d’autres écosystèmes au-delà d’Ethereum. Selon lui, une fois la compatibilité avec d’autres machines virtuelles instaurée, énormément de cas d’utilisations se développeront.
Le deuxième objectif est d’accompagner de près les networks qui se déploient sur le réseau.
“Cela va nous prendre beaucoup de temps parce que nous voulons nous assurer que tout soit bien fait et que les gens qui construisent sur notre tech soient satisfaits, et qu’il y ait une activité économique sous-jacente à tout ce système de sécurité partagée.”
Où suivre Symbiotic et comment se connecter à la communauté ?
Vous êtes builder ou un utilisateur particulier qui s’intéresse à Symbiotic ? Rejoingnez la communauté sur Discord, X (Twitter) et consultez la documentation qui vous révèlera les détails à connaître sur le protocole.
À l'heure où nous rédigeons ces lignes en septembre 2025, il n’existe pas encore d’évènements organisés par Symbiotic, ni de systèmes de Grant, mais cela ne saurait tarder.
Un grand merci à Edgar Roth, Portocol Specialist chez Symbiotic, et à Veiga Management pour le tournage de cette interview disponible en vidéo sur YouTube et en audio sur toutes les plateformes d'écoute.
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